Sur la piste des brûleurs clandestins de charbon de bois en Sierra Leone

It’s a clear December morning in the hills of the Western Area Forest Reserve in Sierra Leone. Although Guma Lake - one of the country’s main supplies of drinking water - stands less than twenty kilometres from Freetown, it is a world away from the heat and dust of the capital. 

Sierra Leone

© Jonathan Bundu / Climate Tracker / GCCA+

Décembre, tôt matin. Le ciel est dégagé dans les collines de la Western Area Forest Reserve, en Sierra Leone. Le lac de Guma – une des principales réserves d’eau potable du pays – est à moins de vingt kilomètres de Freetown et pourtant, il semble à des années-lumière, à l’abri de la chaleur étouffante et des poussières de la capitale.  

« C’était tôt matin et les conditions météo étaient parfaites pour des prises de vue époustouflantes », explique Jonathan Bundu, photographe. « J’ai ressenti une grande paix, loin de la chaleur et de la pollution de la capitale où je vis. L’air était pur et frais, les couleurs ajoutaient encore au sentiment de sérénité. Le vert du paysage, le bleu du ciel, une température idéale, le rêve pour un photographe. »  

Mais malgré ce paysage de carte postale, tout n’est pas rose dans les forêts qui entourent le lac de Guma.   La région est l’un des derniers bastions de la forêt tropicale humide d'Afrique de l'Ouest, mais l’exploitation forestière illégale a dénudé certaines pentes abruptes, autrefois recouvertes d’arbres, provoquant des coulées de boue, notamment en 2017. Une catastrophe qui a fait plus d’un millier de mort et 300 sans-abris.  

Jonathan, accompagné de deux gardes forestiers de la National Protected Area Authority (NPAA), traque les brûleurs illégaux de charbon de bois qui ont investi la forêt. Dans les sous-bois, on aperçoit un peu partout les traces visibles de fosses où du bois a été brûlé. Chaque fosse peut produire plus de 11 tonnes de charbon de bois avec une quarantaine d’arbres. Elle « rapporte » environ 800 dollars. Vendu en sacs, le charbon de bois est utilisé pour la cuisine.  

« Pendant qu’on pénétrait à l’intérieur de la forêt, les gardes forestiers m'ont expliqué que toutes ces zones étaient censées être protégées, mais que les braconniers qui se livrent au commerce illégal du charbon de bois et les négociants en bois ravagent les forêts par l’abattage massif d’arbres », indique Jonathan. « La NPAA a livré un combat acharné pour préserver la forêt en traquant les braconniers qui abattent des arbres ou brûlent du charbon de bois. Mais dans d’autres zones ravagées, la forêt ‘pleure’ ses arbres. Ceux-ci sont abattus sans discernement et, un peu partout, on aperçoit des fosses de production de charbon de bois. »   

Jonathan a réalisé cette mission de photographie dans le cadre d’un projet financé par l’AMCC+, le programme phare de l’UE contre le changement climatique. En partenariat avec l'organisation à but non lucratif Climate Tracker, l’AMCC+ a envoyé des jeunes photojournalistes aux quatre coins du monde afin de couvrir des projets visant à documenter les défis du changement climatique et les solutions mises en œuvre.    

Sierra Leone
Forest Ranger Abdul Salam destroys an illegal charcoal pit in a protected area.
© Jonathan Bundu / Climate Tracker / GCCA+

Lors de la dernière phase de cette mission, 20 photographes seront invités à illustrer des projets environnementaux financés par l'AMCC+ dans 10 pays différents. Les thèmes incluront l'énergie solaire et d'autres énergies renouvelables, les solutions fondées sur la nature, les déplacements dus aux changements climatiques, la résilience côtière, le financement de la lutte contre le changement climatique, l'égalité des sexes, la gestion des déchets et la restauration des mangroves. Des photojournalistes d'Afrique, des Caraïbes, d'Océanie et d'Asie seront invités à y participer. 

« Cela me plaît et m’intéresse beaucoup de réaliser des reportages photographiques sur le changement climatique. Je peux ainsi montrer aux jeunes de ma génération à quel point l’Homme a saccagé notre magnifique planète. Il ne faut pas prendre à la légère le changement climatique. Ce phénomène est en train de changer nos vies et l’environnement naturel », déclare Jonathan, qui vit à Freetown. « Dans la capitale, l’air est pollué et les conditions météorologiques ont été difficiles ces derniers temps. Avant, nous avions une saison sèche et une saison des pluies, de six mois chacune. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. »   

L’équipe s’est remise sur la piste des braconniers et elle découvre très vite de nouvelles fosses encore fumantes. « Les coupables s’enfuient, car ils savent qu’ils seront arrêtés s’ils sont pris sur le fait. Il faut mettre en place des mesures plus énergiques. Les dégâts provoqués par le business du charbon de bois sont relativement limités. En revanche, l’abattage d’arbres est la première cause de destruction de notre forêt. Et ses conséquences ont déjà fait de terribles ravages dans notre pays ».  

Les gardes forestiers se mettent à déblayer le site pendant que Jonathan prend d’autres photos. « J’ai été bouleversé en prenant la photo d’un lézard mort. Il se trouvait sur un arbre qui avait été abattu et était recouvert d’eau contaminée. Il est sans doute mort empoisonné. Quand j’étais enfant, j’allais souvent me balader dans ces forêts. Elles étaient encore intactes. Elles sont en voie de destruction aujourd’hui et cela m’attriste beaucoup. ».    

Programme de l’AMCC+
 

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© Jonathan Bundu / Climate Tracker / GCCA+

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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© Jonathan Bundu / Climate Tracker / GCCA+